Mettre ses idées au service d’une idée fixe.

Tous nos politiques sont désormais issus de la « génération pub ». Ils pensent nous dominer mais ils le sont plus que nous. On remarque que l’illusion d’avoir grimpé les marches du Pouvoir leur a fait renier leurs propres origines. On s’est demandé pourquoi?

Hé bien dans un monde prétendument pacifié par la consommation, les publicitaires se moquent des luttes sociales, qu’il considèrent comme vouées à l’échec; de même que les médias relayent une image résolument rétrograde de l’agriculture. Il faut bien comprendre que la pub est une machine de guerre contre les traditions culturelles d’autonomie populaire, stigmatisées comme ringardes et archaïques.

Annonceurs et agences ont pour but d’influencer les décisions d’achat de manière encore plus précise, c’est pourquoi ils font appel depuis une dizaine d’années aux neuro-biologistes pour développer une sorte d’imagerie cérébrale.
Et ça marche ! Nos petits élus (pas tous), de ville comme de campagne, veulent tous la même chose: du lampadaire néophallique, à l’aéroport de brousse, à la LGV, en passant par d’inutiles bâtiments laids mais neufs, les politiques ont littéralement sombré dans une idéologie publicitaire.

L’idéologie publicitaire, c’est le mythe du XXe siècle: on vous dit qu’il faut être comme les autres avoir la même chose que les autres. Si vous avez un comportement qui n’est pas habituel, le regard social pèse sur vous et vous suspecte d’anormalité et d’archaïsme.
C’est comme si en simple habitant, vous deviez acheter du précuit, changer de voiture sans arrêt, vous refaire faire le nez, porter une grosse montre, ne s’habiller qu’avec des marques, prendre le TGV, ne jamais transpirer… voilà, ça y est, vous êtes insignifiant et ne savez rien faire donc vous êtes parfait.

Évidemment, nos élus voudraient qu’en prime nous soyons alléchés comme si nous avions vécu chichement tout en les admirant à la télévision. Ils sont gravement déconnectés.
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Le pire ennemi de l’intelligence, aujourd’hui, ce n’est plus l’ignorance mais l’instruction faussée telle que les publicitaires l’ont enseigné à nos dirigeants.
C’est un désastre. Eux qui ne connaissent pas d’autre politique que celle qui consiste à dilapider les richesses d’un pays, ses ressources, ses forces vives et maintenant ses maisons et ses terres nous laissent un pays où les eaux sont polluées, où le béton se fait monstre, où les inégalités grandissent.
Comme il était facile il y a encore 10 ans, de détruire la culture contestataire au moyen d’un discours publicitaire qui mise tout sur le thème du regard de l’autre. On s’était tous mis à travailler sans broncher pour ressembler à Barbie et Ken des séries télévisées et le politique était roi.

Mais voilà, à force d’avoir érodé les formes autonomes de la culture populaire, dissous les liens sociaux et créé un monde artificiel d’individus transformés en caddie … à force , donc , les électeurs boudent les urnes.

Cependant, le système à encore quelque temps devant lui, bon nombre de citoyens oublient que les auteurs d’une politique de grands travaux ont ceci de génial qu’ils réussissent trop bien à faire passer ce qui est utile à leur propre développement pour du savoir-vivre et du bon-sens, voire de la solidarité.
C’est triste pas vrai quand on sait que l’élite de ce pays, elle, saura toujours s’aménager un petit coin tranquille, loin des nuisances générées par le système qui la nourrit.

11 juin 2010. chaptelat .com

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