l’exode rural chanté par un violon

Aujourd’hui, je vais vous donner envie de rester chez vous:

Paris, jeudi 17 septembre 2009, vers 16h , profitant d’un peu d’avance sur mon prochain rendez-vous, je décide d’enregistrer 2 minutes de son dans le métro. Je prends la ligne 5. Par chance, un musicien de rue entre en même temps que moi. Il a commencé à jouer du violon: (pour écouter cliquer sur le >)

Au début je me suis dit « cool, ça va donner un petit côté humain à mon enregistrement ». Sauf que mon violoniste fait la manche comme il peut… le bruit du métro est tellement strident que ça couvre ses crincrins. Je note que personne ne lui en veut de jouer aussi mal, d’ailleurs personne ne l’entend.
Depuis quelque temps, on peut constater une montée monstre de gens qui se retrouvent à la rue. Ajoutez le bruit, la pollution, le manque de place… et on veut présenter Paris comme une ville modèle , un modèle auquel le monde champêtre devrait accéder. Alors pour y aller encore plus vite, on promet des LGV plantées là en pleine campagne, rasant au passage les HLM qui dérangent la ville la plus proche.
Rien ne justifie dans nos sociétés urbaines de plonger délibérément les « provinciaux » dans la misère.
En général, on lit qu’il s’agit là d’une simple défense de la propriété, ne seraient mobilisés que de petits propriétaires que le progrès voudrait dépouiller. Il faut savoir que ceux qui disent une telle chose veulent  très explicitement faire oublier que le prix d’une maison en Limousin ne paye pas un loyer à Paris.  Comme par hasard, on remarquera que nos cadres dynamiques et nos nouveaux rentiers ne sont pas concernés par le développement de cette nouvelle ligne.

Pourquoi sous ce dénie et cette technique, retrouve-t-on le même mode opératoire que dans les néo-colonies françaises:  où des technocrates  débarquent en sortant de belles théories qu’ils formulent uniquement dans le but de séduire un peuple qu’ils jugent pauvre et crédule?

T.B.